En tant que zone de police, nous avons remarqué que les passants ou les proches de personnes psychologiquement fragiles sont souvent démunis face à une personne en crise de santé mentale. Lors de pareille crise ou situation d’urgence, ils ont besoin d’assistance, mais ignorent vers qui se tourner de manière adéquate et, ce faisant, appellent généralement la police et/ou une ambulance. La police arrive en principe la première sur les lieux, mais n’est pas toujours en mesure de fournir l’aide appropriée, la cause n’étant pas un problème de sécurité, mais bien un problème de santé.
Le besoin de services de santé mentale appropriés se fait de plus en plus ressentir. L’augmentation du nombre de personnes souffrant de problèmes psychologiques est également perceptible dans les appels d’urgence et les interventions policières. En 2022, rien que la zone de police Bruxelles CAPITALE Ixelles a enregistré 1600 appels (+24% par rapport à 2020) pour suicides ou tentatives de suicide, personnes souffrant de troubles mentaux, de démence ou encore placées sous surveillance psychologique, ce qui représente plus de 4 appels quotidiens en matière de santé mentale. La police est donc de plus en plus souvent requise pour une situation impliquant une personne rencontrant un problème psychologique ou étant en crise psychologique. Or, ces personnes ont besoin d’une assistance adéquate qui n’est pas de nature policière, sécuritaire, mais bien psychosociale.
EMUT – pour Equipe Mobile d’Urgence – est le fruit d’une collaboration, rendue effective début de l’année 2024, entre la zone de police Bruxelles CAPITALE Ixelles et les travailleurs sociaux de l’hôpital Brugmann, de l’hôpital Saint-Pierre, de l’EMC ainsi que de Tandemplus. Grâce à cette collaboration, les services de police de première ligne de ladite zone peuvent, face à une personne semblant souffrir d’un problème d’ordre psychologique, demander via leur dispatching l’assistance d’une équipe EMUT composée d’un psychiatre et d’assistants psychosociaux. Cette équipe passe en revue par téléphone une liste de questions avec le service de police intervenant et décide en fonction des informations ressorties de soit se rendre sur place soit de prodiguer par téléphone des directives ou encore de renvoyer vers le service d’assistance à même de répondre au cas de figure rencontré (service d’urgence, samusocial, etc.). En effet, EMUT dispose d’une large connaissance du secteur social, ce qui facilite l’orientation rapide vers d’autres partenaires.
Ce projet allie deux principaux atouts que sont une intervention psychosociale rapide et surtout appropriée au problème psychologique rencontré, empreinte de davantage d’humanité et de professionnalisme. En effet, la personne en souffrance connait d’emblée une prise en charge de nature psychosociale et non, par exemple, une arrestation administrative veillant à ce qu’elle ne constitue pas un danger ni pour autrui ni pour elle-même. Aussi, EMUT présente l’avantage que les patrouilles policières sont disponibles plus rapidement pour répondre aux autres missions car une seule équipe doit rester sur place lors d’une intervention EMUT.
Critère 1: Le bien-être (4 points)
Ce projet vise une prise en charge rapide et idoîne des personnes présentant un trouble de la santé mentale. Par cette prise en charge et le suivi psychosocial opéré de ces dernières nous réduisons le risque qu’elles s’en prennent à leur intégrité physique ou à celle de leurs proches ou encore badauds. Aussi, le fait que EMUT ne nécessite la présence que d’une patrouille de police et offre une réponse rapide au problème rencontré permet de libérer beaucoup plus rapidement que par le passé de la capacité policière qui ce faisant peut se concentrer sur des missions de sécurité, tranquillité et salubrité publiques et, dès lors, augmenter leur réactivité et disponibilité vis-à-vis d’autres problématiques et besoins.
Critère 2: L’implication citoyenne ( 3 points)
EMUT est le fruit d’une collaboration entre la zone de police Bruxelles CAPITALE Ixelles et les travailleurs sociaux de l’hôpital Brugmann, de l’hôpital Saint-Pierre, de l’EMC ainsi que de Tandemplus et fait suite, comme susmentionné, au constat, surtout après l’ère Covid, d’une augmentation des problèmes ayant trait à la santé mentale. Face à cette recrudescence des appels 101 (appels d’urgence) enregistrés, mais également du sentiment du personnel policier de terrain d’être peu compétent que pour apporter une réelle solution à ces interventions d’ordre psychosocial plutôt que policier, notre corps de police a souahité trouvé une solution/ un dispositif étant dans l’intérêt de ce public fragilisé. Pour ce faire, elle a marqué un partenariat avec des instances psychosociales actives sur son territoire. Des sessions tant d’information que de formation ont été opérées auprès de l’ensemble des partenaires parties prenantes au projet.
Critère 3: L’accessibilité et l’inclusion (3 points)
En prenant en charge de façon appropriée, professionnelle et humaine, les personnes psychologiquement fragiles, nous oeuvrons tant pour leur protection que celle de leur proche et plus globalement des utilisateurs de l’espace public qui pourraient les rencontrer lors d’un épisode de crise psychotique. Chaque intervention policière de pareille nature, fait l’objet d’une analyse afin de voir la meilleure suite à y apporter.

